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Collège

Le défi sans écran en 3e année

12/06/2026

Dans le cadre du Défi sans écran, les élèves de la 3e année ont été invités à mettre de côté leurs appareils électroniques afin de redécouvrir le plaisir des activités du quotidien, du jeu libre et du temps passé en famille. Nous nous sommes entretenus avec Marie-Josée Brabant, enseignante de la 3e année, qui nous a parlé de ce projet rassembleur, de ses objectifs et des retombées positives observées chez les élèves.

 

Quelles sont les grandes lignes du projet?

Le défi 10 jours sans écran est une initiative très répandue dans les écoles européennes. Cette année, près de 135 000 enfants ont relevé le défi. J’en ai parlé à mes collègues de la 3e année et ils ont tout de suite embarqué dans le projet. Chez nous, le défi s’est déroulé sur 6 jours, du 19 au 24 mai.

Dès le départ, nous avons expliqué aux parents que l’objectif était de leur permettre de redécouvrir le plaisir autrement que par les écrans. Les recherches et nos expériences précédentes montrent qu’une pause technologique apporte plusieurs bienfaits comme une meilleure gestion des émotions, une plus grande disponibilité pour les apprentissages en classe, davantage de temps de qualité passé en famille ainsi qu’une augmentation de l’activité physique et du jeu libre.

Pour préparer les élèves, nous leur avons présenté de courtes vidéos sur les effets d’une utilisation excessive des écrans sur le cerveau, notamment sur la concentration, les apprentissages et la gestion des émotions. Nous avons également fait des lectures, des discussions et des réflexions sur la place des écrans dans nos vies.

Le fonctionnement du défi était simple. Les élèves devaient remplir une grille de suivi qui ciblait six moments clés de la journée où la tentation d’utiliser un écran est souvent forte, soit le matin avant l’école, le midi, au retour de l’école, pendant le souper, avant le coucher et durant la nuit. Pour montrer l’exemple, l’école a aussi participé au défi. Les iPads sont restés fermés toute la semaine et nous avons même éteint les tableaux numériques interactifs.

En préparation au défi, chaque élève a fabriqué une boite à idées à partir d’une boite de mouchoirs vide, décorée en classe. Ils y ont glissé une vingtaine de suggestions d’activités sans écran. À chaque fois qu’ils résistaient à l’envie d’utiliser un appareil, ils pouvaient piger une idée et noter ce qu’ils avaient choisi de faire à la place, comme dessiner, pratiquer un sport, jouer dehors ou discuter avec leur famille par exemple.

 

Quelle est la plus grande valeur du projet?

Pour moi, la plus grande valeur de ce projet est qu’il permet aux enfants de réfléchir à leurs habitudes numériques tout en favorisant une reconnexion avec leur famille. Nous avons d’ailleurs lancé cette suggestion aux parents : “Pourquoi ne pas en profiter pour relever le défi en famille?” Plusieurs se sont beaucoup investis pour encourager leur enfant tout au long de l’expérience.

Ce projet nous a aussi permis de faire de nombreux liens avec les apprentissages. En français, les élèves ont travaillé l’écriture en proposant des idées d’activités et participé à des discussions sur la place des écrans dans nos vies. En arts, ils ont conçu et décoré leur boite à idées. En Culture et citoyenneté québécoise, nous avons abordé les compétences numériques et la capacité à développer une relation saine avec la technologie.

C’est une activité destinée aux enfants, mais qui profite à toute la famille. Elle encourage les échanges, le temps de qualité entre les enfants et leur entourage.

 

Comment les élèves ont-ils vécu l’expérience?

Les élèves ont pris le défi très au sérieux. Certains ont même été contrariés lorsqu’ils ont dû utiliser un iPad dans le cadre du concours Mathematica! Cela nous a donné l’occasion de leur rappeler qu’il existe aussi de bonnes façons d’utiliser les écrans lorsque c’est pour des raisons pédagogiques par exemple.

Ce qui m’a le plus marquée, c’est que plusieurs élèves ont eux-mêmes constaté les effets positifs de cette pause numérique. Ils nous ont dit se sentir plus calmes, plus patients et avoir passé davantage de temps de qualité avec leur famille.

Les résultats ont aussi été impressionnants. Les élèves pouvaient accumuler jusqu’à 36 points pendant le défi et environ 90 % d’entre eux ont atteint le niveau Or, soit entre 31 et 36 points. C’était la même réalité dans les trois classes participantes. Presque tous les élèves ont obtenu d’excellents résultats.

Pour souligner leurs efforts, nous leur avons remis des certificats et nous leur avons organisé une activité récompense à la marina. Julie, la responsable du Labo-Cuisine, leur a préparé des muffins santé et les élèves étaient vraiment très heureux.

J’espère sincèrement que cette initiative fera boule de neige et donnera envie à d’autres enseignants du primaire de proposer ce défi à leurs élèves l’an prochain. J’aimerais aussi remercier les parents pour leur implication à la maison. Sans leur collaboration, il aurait été impossible de mener à bien ce projet.