Vous avez récemment participé au tout premier épisode du balado Kessé ça ?, animé, entre autres, par un ancien élève du Collège. Comment cette collaboration est-elle née ?
Nathan Ross, un ancien élève à qui j’ai enseigné l’éducation financière, m’a approché pour participer au premier épisode de son balado Kessé ça ?, consacré aux finances.
Pour moi, cette demande était intéressante à plusieurs niveaux. D’abord, parce que les finances me passionnent particulièrement. Ensuite, parce que je trouve inspirant de voir un ancien élève, maintenant étudiant en communications, réaliser un balado dans le cadre de son cours et choisir de vulgariser différents sujets pour les jeunes. La finance était le thème du tout premier épisode, je ne pouvais tout simplement pas refuser !
Après la diffusion du premier épisode de Kessé ça ?, le projet a pris une belle ampleur. Pouvez-vous nous en dire plus ?
À la suite du balado, les trois étudiants ont été invités à l’émission de radio Place publique afin de présenter leur concept et discuter de leur premier épisode, où j’ai d’ailleurs été cité.
Selon moi, ce projet risque d’aller bien au-delà du cadre académique. Lorsque j’ai écouté le produit final, je me suis dit : « Wow ! C’est pratiquement du contenu professionnel. » Les étudiants sont éloquents, bien préparés et leur idée de balado est excellente.
Dans l’épisode, les étudiants vous ont soumis à une série de questions en rafale, auxquelles vous deviez répondre sans explication. Qu’avez-vous pensé de ce segment ?
J’ai beaucoup aimé ce segment. C’est un exercice très intéressant à vivre en tant qu’enseignant. En classe, il est facile de se perdre dans des explications théoriques détaillées. La vulgarisation en 5e secondaire est une chose, mais celle dans un balado en est une autre, elle doit être encore plus concise et percutante.
Ce segment m’a forcé à répondre rapidement à des questions qui, en réalité, sont rarement noires ou blanches. J’ai dû choisir l’énoncé le plus près de la réalité, sans m’étendre. Je crois que ces réponses courtes ont peut-être suscité la curiosité des auditeurs et ont donné envie d’en savoir plus. C’était un excellent exercice, particulièrement dans le domaine des finances.
D’où vous vient cet intérêt marqué pour les finances ?
Ça fait seulement quelques années que j’enseigne l’éducation financière, mais mon intérêt remonte à loin. Mon père enseignait l’économie au secondaire. Les questions d’argent ont toujours fait partie des discussions à la maison. Très jeune, je me suis mis à poser des questions par simple curiosité. Lorsque l’occasion d’enseigner ce cours s’est présentée, je l’ai saisie sans hésiter. Et aujourd’hui, je peux le dire : j’adore ça.
Vous semblez constater un réel intérêt des jeunes pour les questions financières. Le percevez-vous aussi en classe ?
Absolument. J’aime voir que les jeunes s’intéressent au monde des finances et je le constate chaque jour dans mes cours. Bien sûr, il s’agit d’un cours avec des évaluations et des compétences à développer. Mais je suis convaincu que, même sans note et sans obligation, plusieurs élèves choisiraient d’y assister parce que ce sont des notions directement liées à leur réalité actuelle ou future.
Je fais parfois un parallèle entre l’éducation financière et l’éducation à la sexualité pour aider les jeunes à comprendre l’importance du cours. Dans les deux cas, une compréhension insuffisante peut entrainer des conséquences. À l’inverse, mieux comprendre permet de prendre des décisions éclairées et de réduire les inquiétudes.
Avec ma participation au balado, j’aimerais que l’on retienne qu’il est sain et normal que les jeunes s’intéressent à la finance. C’est essentiel de répondre à leurs questions et de les outiller adéquatement. Dans le contexte économique actuel, plusieurs s’inquiètent de l’accès à la propriété ou de la hausse du coût de la vie. Cela peut générer de l’anxiété. Mais, comme pour toute crainte dans la vie, mieux comprendre diminue la peur. Si je peux contribuer à cela, j’en suis très heureux.
